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Du dinosaure vivant au fossile : Les fossiles particuliers
Le texte suivant est extrait du Dossier pour la science n°48 juillet/septembre 2005 - "Les Gisements exceptionnels" p 115 par J. -M. MAZIN.

Les préservations exceptionnelles

Dans les années 1970, le paléontologue allemand Adolf Seilacher a formalisé la notion de préservation exceptionnelle en introduisant le concept de Lagerstatte, un ancien mot allemand d'origine minière signifiant « filon principal ». Ce concept s'applique aux cas de préservations inhabituelles, soit dans des dépôts très enrichis, soit dans des cas de conservation de détails normalement non fossilisés.
Seilacher identifie trois causes à ces conservations : la stagnation (une absence d'oxygène interdisant l'accès aux nécrophages et limitant l'oxydation), l'obrution (un enfouissement rapide) et les voiles cyanobactériens (un encroûtement bactérien protégeant le cadavre des agents de destruction). Ainsi, des détails normalement détruits lors de la nécrolyse ou du transport peuvent être conservés, comme des contenus gastriques, des ligaments, des phanères, etc.

Les plumes

La conservation de traces de plumes fossile est connue depuis longtemps, notamment sur les fossiles de l'oiseau Archaeopteryx , finement préservés dans les calcaires lithographiques de Solnhofen (Jurassique supé­rieur), en Bavière. L'origine dinosaurienne des oiseaux est acquise depuis plusieurs décennies, mais la plume a toujours été vue comme un caractère strictement avien. Jusqu'à la découverte de traces de plumes sur des fossiles de petits dinosaures théropodes superbement conservés dans les marnes schisteuses de Liaoning (Crétacé inférieur), en Chine. Puis, dans les années 1990, plusieurs découvertes successives ont apporté la démonstration que certains dinosaures portaient des plumes.

La peau, les organes ...

Des conditions particulières de fossilisation (comme la momification) peuvent préserver. Ces éléments sont très rares et nous apportent des connaissances importantes sur l'aspect et la physiologie des dinosaures.
Momie  et peau de dinosaure
Momie et peau de dinosaure.

Les contenus gastriques

Les conservations exceptionnelles précisent parfois le régime alimentaire d'animaux grâce aux contenus gastriques. C'est ainsi qu'en 1997, Charig et Milner ont décrit des restes d'un jeune Iguanodon et des écailles corrodées du poisson Lepidotes dans la région gastrique du théropode Baryonyx walkeri (Crétacé inférieur, Angleterre). Autre exemple, les restes du lézard Bavarisaurus ont été retrouvés dans la région abdominale du petit théropode Compsognathus longipes provenant de Solnhofen.
Quant à Sinornithomimus, un petit théropode ornithomimidé, Kobayashi a précisé en 1999 son régime alimentaire grâce à un assemblage de graviers dans la cavité abdominale, réunis en un seul organe à l'image du gésier des oiseaux. Ces gastrolithes, nombreux et de taille variée, sont accompagnés de graines, indiquant un régime herbivore.

Gastrolithes trouvées dans les restes d'un dinosaure. Compsognathus découvert en 1971 dans le sud-est de la France avec le contenu de la cavité gastrique fossilisé (M.N.H.N. de Paris).
Gastrolithes trouvées dans les restes d'un dinosaure (à gauche). Compsognathus découvert en 1971 dans le sud-est de la France avec le contenu de la cavité gastrique fossilisé (M.N.H.N. de Paris - à droite).

Autres fossiles

Les pistes

Ce sont les traces laissées par les dinosaures lors de leurs déplacements. Elles font l'objet d'études importantes depuis une quinzaine d'années (cette science se nomme l'ichnologie) et elles nous donnent des informations importantes sur le comportement des dinosaures, par exemple: les dinosaures marchent debout comme les mammifères et les oiseaux, leur déplacement se fait en horde, les empreintes nous donnent également des informations sur leurs espèces et la faune de certains endroits.

Les oeufs

Ils sont étudiés en détail depuis quelques années et nous donnent des informations importantes sur les comportements des dinosaures envers leur progéniture, les liens entre les dinosaures et les oiseaux.

Le premier oeuf découvert à Rognac près de Marseille (France). Il est conservé au musée d'histoire naturelle de Marseille. (Photo de L. Ginsburg,  fiches sur les dinosaures, ed. Atlas)
Le premier oeuf découvert à Rognac près de Marseille (France). Il est conservé au musée d'histoire naturelle de Marseille. (Photo de L. Ginsburg, fiches sur les dinosaures, éd. Atlas).

Les coprolithes

Elles correspondent aux déjections des dinosaures. Elles peuvent permettre d'obtenir des informations sur leurs habitudes alimentaires.
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